|
Nouvelle Ère |
|
Bonsoir mes chers amis poètes et philosophes, je viens m‘entretenir avec vous – moment privilégié – dans le calme et le recueillement de moments intenses.
« De quoi allons-nous parler ce soir ? » me dis-tu, « de vos préoccupations? » «de vos aspirations ? ». Pourquoi pas ? Ou de sujets pris au fil de l’eau et du temps, de votre temps terrestre ou du temps immuable, du temps hors du temps. De sujets constants, de sujets essentiels que l’on nomme aussi philosophiques.
Je suis à votre disposition, j’ai tout mon temps. Le temps est d’ailleurs un sujet passionnant. Le temps est-il relié à la conscience, à la présence ? Est-il modifiable, élastique ? Chacun de vous a-t-il une notion du temps différente selon les caractères, selon les humeurs ? Veux-tu en discuter ou as-tu d’autres sujets ?
Sous quelle forme te nommes-tu ?
Je viens ce soir sous le nom de Saint Jean Baptiste, précurseur de temps nouveaux. Je sens et ressens les moments importants, les temps marquants des époques. De mon temps, j’ai vécu de grands changements, de grands bouleversements qui ont été par la suite retransmis de façon empirique et folklorique. Mon sujet de prédilection est évidemment le Temps, notamment dans ces ruptures qui font passer d’une époque à une autre.
Sommes-nous dans un temps de rupture ?
Oui, tout à fait, rupture sur beaucoup de niveaux, rupture de la continuité, rupture des valeurs, rupture de repères, rupture de conscience, et en même temps création d‘une autre dimension, à la fois plus élargie et plus précise, plus englobante et plus diffuse, une atmosphère d’union et d’individualité.
Une belle création est en train de naître où les liens se tendent, où les mains se nouent, où les échanges participent à l’élaboration d’une autre ère. Le sentez-vous ?
Peux-tu nous parler de cette nouvelle ère ?
Tu demandes des choses très précises. Je peux te donner en fait, l‘esprit porteur de cette ère. Depuis longtemps l‘ère du Verseau est annoncée comme ère spirituelle, elle a ces caractéristiques en somme : ouverture, possibilité de dialogue, fusion des principes, élargissement des frontières des domaines jusque là clos.
L’esprit porteur en est la connaissance par la conscience, ce qui nous ramène d’ailleurs au temps. Le problème du temps que vous vivez est lié aux questions primordiales : qui suis-je ? Où vais-je ? D’où viens-je ? Ces questions appellent une réflexion multipartite, multi domaine. Là où la science ne peut encore aller, l’intuition ou la conscience peuvent élaborer les prémices, et la conscience demande le temps de réflexion si cruellement supprimé de vos vies.
Comment définirais-tu le temps de réflexion ?
Temps béni, pardi ! Temps de joie et de recueillement, temps sacré ou temps profane, il est tout cela à la fois car il permet de se recentrer pour mieux se fondre. Il permet presque la concrétisation de la pensée de votre existence à travers le corps physique, mais entouré de votre conscience. Qu’y avait-il en premier : la conscience ou l’existence ?
|

|
De Gilbert Williams |